Nous le savons tous maintenant. En France et dans le monde, le système alimentaire a de grandes répercussions sur l’environnement. Alors que nous traversons une importante crise sanitaire, l’obligation d’un confinement nous permet de réfléchir à notre manière de consommer. Mais sommes-nous prêts à remettre en question notre alimentation ?

Les émissions de gaz à effet de serre (EGES) issues de l’alimentation représentent 24% de l’empreinte carbone totale des ménages. Comment faire quand on sait que l’agriculture représente les deux tiers de l’empreinte carbone de l’alimentation ?

Des considérations éthiques et sociétales

Il n’est plus à prouver que le système alimentaire actuel a autant d’impact sur l’environnement que sur la santé. L’augmentation de certaines maladies serait en effet liée une alimentation riche en protéines animales et en produits ultra-transformés. Les crises et scandales sanitaires des dernières décennies ont rendu les consommateurs méfiants et remettent en question les règles concurrentielles sur l’origine et la traçabilité des aliments. 

A cela s’est ajouté depuis peu la notion de bien-être animal, qui questionne les conditions d’élevage de nombreux producteurs et industriels. Les méthodes liées au rendement « à tout prix » sont de plus en plus pointées du doigt et décriées par les consommateurs avertis. 

Aussi, la situation géographique de certaines zones du globe peut réduire l’accès à des produits sains et durables. Marqueur d’inégalités sociales en termes d’accès à une alimentation de qualité, l’insuffisance alimentaire est passée de 0,9% à 3,3% de la population entre 2007 et 2015.

Sans parler de la rémunération des producteurs. Avec plus de 50% des agriculteurs français qui ont gagné moins de 350€ par mois en 2016, la précarité économique des producteurs pose de plus en plus questions.

L’urgence de la transition durable 

Scientifiques, nutritionnistes, agriculteurs ou consommateurs, nous tirons tous la sonnette d’alarme. Notre système agricole et alimentaire est dans l’impasse et nous ne savons que faire. 

Le dernier rapport du GIEC sur la dégradation des sols n’est que le dernier en date à pointer du doigt la non-soutenabilité de nos modes de consommation et de production et à en appeler à une transformation majeure et durable de nos systèmes alimentaires et agricoles. 

La trajectoire prise en France au cours des cinquante dernières années, avec l’industrialisation de l’alimentation, l’augmentation de la consommation de plats préparés et de produits transformés (augmentation de plus de 4% par an en volume et par habitant depuis 1960), va de pair avec la réduction du temps de préparation des repas à domicile et la diminution de la consommation de fruits et de légumes. 

La remise en question de notre modèle actuel est donc une nécessité pour relever les défis environnementaux, de santé publique et de justice sociale. A ce titre, toutes les initiatives sont utiles dans la mesure où elles apportent une démarche globale et cohérente qui va dans le sens du monde. 

Les dernières actualités nous ont démontré qu’au-delà d’être nécessaire, la transition est possible si l’on fait évoluer de façon coordonnée nos habitudes alimentaires et nos modes de production. 

Aujourd’hui plus que jamais, rester chez soi nous permet de réfléchir à tout cela, et de reconsidérer les choses plus sérieusement pour préparer ensemble un avenir plus juste et responsable.

Sources :
Rapport Pulse fiction : Pour une transition agricole et alimentaire durable (WWF)
Elevage et Climat : Comprendre le problème, évaluer les solutions (AVF) 

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